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  le blog kodamian

Le bilinguisme, une réalité au quotidien à Wallis et Futuna

12 Septembre 2010, 08:19am

Publié par kodamian

Etre bilingue, quel rêve pour beaucoup ! Pouvoir jongler d'une langue à l'autre sans difficulté n'est pas donné à tout le monde, et il faut dire qu'en France métropolitaine, rares sont les gens qui sont réellement bilingues.

 

Mais ici , à Wallis et à Futuna, on peut dire que tous les jeunes générations sont plus ou moins bilingues. Comment s'opère ce bilinguisme ?

A la maison et jusqu'à l'entrée en maternelle, l'enfant entend ses parents, et, dans de nombreuses familles, les conversations à la maison se font en wallisien ou en futunien. Mais le petit enfant regarde la télévision et les dessins animés et va ainsi approcher rapidement le français. Néanmoins, de plus en plus d'adultes ayant étudié hors du fenua parleront français à la maison de façon à ce que leurs enfants pratiquent la langue le plus tôt possible.

A l'entrée en maternelle, les instituteurs vont  progressivement passer d'un enseignement exclusivement en wallisien, à un enseignement dans les deux langues, et ce sous forme de jeux, d'animation, etc...

A l'école primaire, l'enfant commencera à apprendre à lire et à écrire en français, mais un enseignement du wallisien et du futunien sera également dispensé. Il est primordial de préserver les langues vernaculaires et que cet apprentissage permette aux nouvelles générations d'écrire et de lire correctement leur langue d'origine.

Rappelons que jusqu'à l'entrée au collège, l'enseignement dépend de la D.E.C , c'est à dire de la Direction de l'Enseignement Catholique.

Au collège, puis plus tard au lycée, l'enseignement se fera exclusivement en français. Cet enseignement dépend de l'éducation nationale.

Maintenant, quels sont moments pour les jeunes où ils parleront le français ?

En règle général, les jeunes parlent wallisien ou futunien entre eux, et ne pratiquent le français que lorsqu'ils sont en présence de papalagi  ( métropolitains ). C'est ce que m'ont dit mes amis wallisiens quand je suis arrivé ici.

Mais aujourd'hui, il y a " internet " qui est présent dans de nombreux foyers. Beaucoup de jeunes peuvent ainsi suivre les informations ou encore rechercher des documents pour l'école grâce à ce nouveau moyen de communication, et celà permet de parfaire ses connaissances en français.

Si on va sur les sites " sociaux " , on pourra constater que les jeunes s'expriment par écrit souvent en wallisien dans leurs échanges, et mélangent d'ailleurs aussi le français et le wallisien ou le futunien dans les conversations et dans les messages.

La maîtrise des deux langues est un avantage, car elle permettra par la suite d'apprendre plus facilement une troisième, voire une quatrième langue.

 

Dans mes discussions avec des professeurs de langue, j'ai souvent entendu que les élèves étaient ici particulièrement doués pour l'apprentissage des langues étrangères, de l'espagnol, de l'anglais, et qu'ils arrivaient à jongler très facilement avec un peu de volonté pour maîtriser correctement la langue de Cervantes ou celle de Shakespeare.

 

Mais quand je parle avec des wallisiens et des futuniens, ce qui  étonne par contre, c'est le peu   de " papalagi " qui s'adonne à  l'apprentissage des langues du fenua, du wallisien ou du futunien,  et rares sont ceux qui , même après quelques années sur le territoire, sont capables de pouvoir construire une phrase.

Personnellement, j'adore apprendre les langues et j'ai eu la chance de trouver à mon arrivée à Wallis le livre de Karl RENSCH " Parler le Wallisien ". Aujourd'hui, j'ai " honte " comme on dit ici de ne pas maitriser parfaitement la langue, loin de là, mais je peux néanmoins construire des phrases et me faire " à peu près " comprendre si les conversations ne sont pas " philosophiques ". Ce qui m'a beaucoup aidé par contre, c'est d'écouter tous les jours le journal télévisé d'abord en français, puis ensuite en wallisien ( et en futunien aussi ) car c'est ainsi qu'on apprend en entendant les mots , comme le font les enfants à leur plus jeune age.

Il n'y a pas encore d'institut des langues vernaculaires mais celà arrivera certainement un jour, pour permettre de dispenser un enseignement de la langue wallisienne ou futunienne  à tous ceux qui désirent l'apprendre.

Il y a eu de temps à autre des enseignants qui ont donné des cours de wallisien ou de futunien, mais on peut trouver des " cours privés " pour parfaire sa connaissance de la langue ou seulement pour en apprendre les rudiments.

 

 

 

 

 

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